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Si vous voulez aller plus loin

La dyslexie

Qu'est ce que la dyslexie ?


Les deux grandes classifications internationales, le DSM-IV et la CIM-10, incluent un certain nombre de critères :
  • un défaut d’acquisition de la lecture entraînant un décalage par rapport aux performances réalisées par la moyenne des individus sur des tests standardisés de lecture
  • un retentissement significatif de ce défaut sur les apprentissages scolaires et l’usage de la lecture dans la vie quotidienne
  • une normalité de l’intelligence et l’absence d’autre pathologie susceptible d’interférer avec cet apprentissage
Ce dernier point doit être relativisé car on peut parler de dyslexie chez un enfant souffrant de déficience intellectuelle ou sensorielle, si les performances en lecture sont inférieures à celles attendues eu égard à la pathologie en cause.

La dyslexie concerne 5 à 8 % de sujets de la population générale, a une incidence variable selon le sexe de l’enfant (une fille pour trois garçons) et deux facteurs environnementaux : la langue maternelle (degré de transparence) et le milieu socio-économique.

Les différentes formes de dyslexie


On peut distinguer :
  • la dyslexie phonologique (voie d’assemblage)

    Elle se caractérise par un trouble du décodage, soit de la correspondance graphèmes-phonèmes (correspondance du son écrit au son oral). L’enfant peut alors omettre des sons, inverser la séquence des sons à l’intérieur d’un mot et même changer un son pour un autre. Les difficultés soulevées par ce type de dyslexie peuvent amener l’enfant à vouloir deviner les mots. Au lieu de lire le mot syllabe par syllabe, il tente de le lire dans son ensemble en se fiant à certains repères graphiques ou sémantiques (sens) (ex : premier pour promenade, chat pour chien). Ce type de dyslexie entraîne souvent une lecture impulsive et imprécise ou au contraire extrêmement lente.

  • La dyslexie lexicale (voie d’adressage)

    La dyslexie lexicale se caractérise par une difficulté importante à reconnaître les mots dans leur globalité. L’enfant peine donc à lire les mots irréguliers tel que femme, monsieur, fusil, etc. puisqu’il tente constamment de les décoder syllabe par syllabe. Comme il arrive difficilement à garder les mots en mémoire, il peut buter même devant des mots réguliers ou fréquents puisqu’il lit ces derniers comme s’il les voyait pour la première fois même si ce n’est pas le cas. Ce type de dyslexie entraîne souvent une lecture très lente et laborieuse où la recherche de sens est pratiquement absente.

  • La dyslexie mixte (pouvant présenter des éléments de chacune des autres symptomatologies)

    La dyslexie mixte se caractérise par des difficultés autant au niveau du décodage qu’au niveau de la reconnaissance visuelle des mots dans leur ensemble. Ce type de dyslexie rend la lecture très laborieuse pour l’enfant qui n’est à l’aise dans aucune des voies qu’un lecteur doit emprunter (assemblage, adressage).

Les causes possibles de la dyslexie

La dyslexie n'est ni une maladie, ni la conséquence de troubles psychiatriques. Elle ne remet pas en cause la capacité intellectuelle de la personne qui en souffre.

Si plusieurs hypothèses ont été étudiées, la science n'a pas encore mis en évidence une cause indiscutable.

Voici les principales pistes évoquées :
  • Le facteur génétique

    Pour l'INSERM, « L’existence d’une susceptibilité génétique a été démontrée et, à ce jour, cinq gènes de prédisposition associés à la dyslexie ont été identifiés. Ils sont tous impliqués dans la migration neuronale. Cela signifie qu’au cours du développement fœtal, certains neurones "ratent" leur cible finale, la dépassant pour aller se nicher dans d’autres aires du cerveau. Des dissections post-mortem de cerveaux de sujets dyslexiques ont confirmé la présence d’anomalies de ce type dans l’hémisphère gauche, celui qui traite le langage. »

    Il apparaît ainsi q'un parent dyslexique a un risque augmenté d'avoir un enfant également dyslexique par rapport à un parent non dyslexique. Les études de jumeaux menées au plan international ont permis d’estimer à 50 % l’héritabilité de la dyslexie.

    « Certains allèles augmentent le risque de développer une dyslexie en interaction avec de nombreux autres facteurs : biochimiques, traumatiques, linguistiques, socio-éducatifs, psychologiques… »

    Dossier de l'Inserm : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/troubles-apprentissages

  • Le facteur neurologique

    L’imagerie cérébrale anatomique et fonctionnelle permet de mieux comprendre les mécanismes associés aux troubles de l’apprentissage. Les chercheurs observent de mieux en mieux les aires cérébrales affectées aux différentes fonctions et soupçonnent que des désordres neuronaux dans certaines régions, ou encore un déficit de connexion entre des aires éloignées du cerveau, pourraient expliquer différents troubles. Ainsi, les difficultés de lecture des enfants dyslexiques se traduisent à l’IRM par un déficit de connexion entre les aires visuelles et du langage.

  • Les facteurs environnementaux

    Plusieurs études épidémiologiques ont montré que la dyslexie est plus fréquente (ou en tout cas plus sévère) chez les enfants qui ont un langage très pauvre. Le déficit de vocabulaire empêcherait le cerveau de faire le lien entre le mot écrit et sa signification.

    Au contraire, un environnement linguistique et intellectuel stimulant, un bon accompagnement de l’enfant, avec un repérage précoce, réduisent le risque de sévérité des troubles et de retard scolaire.

  • Le facteur phonologique

    Pour expliquer la dyslexie, certains spécialistes évoquent un trouble de la représentation et de la manipulation mentale des sons. Ce qui rend la compréhension, l’assimilation et l’apprentissage du langage, lecture et orthographe inclus, plus difficiles.

    Sur le site de l'association « DYSpositif », un dossier très complet et facilement abordable sur la dylexie : https://www.dys-positif.fr/tout-sur-la-dyslexie-phonologique/

    « Les troubles phonologiques et métaphonologiques chez l’enfant dyslexique » par Jesus Alegria et Philippe Mousty1
    Cet article examine une série de situations expérimentales mettant en évidence des déficiences phonologiques chez les enfants dyslexiques. Ces troubles concernent le traitement du signal de parole, l’élaboration de codes phonologiques d’accès au lexique et l’activation des codes phonologiques stockés en mémoire: https://www.cairn.info/revue-enfance1-2004-3-page-259.htm

  • Le facteur visuel

    Selon deux chercheurs de l’université de Rennes (Ille-et-Vilaine) qui ont récement publié le fruit de leurs découvertes dans la revue scientifique « Proceedings of the Royal Society B », la dyslexie découlerait d’une symétrie trop parfaite des centroïdes de la tache de Maxwell. En effet, nos yeux ne sont pas totalement identiques et, comme nous avons une main plus habile que l'autre, l'un de nos yeux prend le pas sur l'autre : c'est « l'oeil directeur ».

    Chaque œil compte une tache de Maxwell. En principe, la tache de l’œil directeur est circulaire, celle de l’autre œil est plus écrasée. Chaque tache donne une image de ce que nous voyons. Une image sera stockée par le cerveau, l’autre sera une image fantôme, dont le cerveau ne tiendra pas compte. Chez les personnes souffrant de dyslexie, les yeux produisent exactement la même image en miroir, et le cerveau, privé d’œil directeur, ne sait laquelle choisir.

    « L'asymétrie est nécessaire pour éliminer l'image miroir, qui empêche une lecture normale si elle persiste comme chez les dyslexiques », explique Guy Ropars l'un des chercheurs. « Par exemple, lorsque que vous regardez la lettre « b », votre œil directeur va parfaitement l’imprimer dans une partie de votre cerveau tandis qu’une image inversée fantôme, donc un « d », sera stockée dans une autre partie. Mais le cerveau ne tiendra pas compte de cette lettre fantôme. Un « b », donc. Alors que le cerveau de la personne dyslexique ne saura pas choisir entre le « b » et le « d ».

    Les chercheurs ont étudié les pupilles de leurs étudiants, 30 dyslexiques et 30 non dyslexiques. « Pour les enfants et pour les adultes, l'asymétrie offre une nouvelle méthode de diagnostic relativement simple », a estimé Guy Ropars. D’autant que si les conclusions de l’étude pouvaient s’élargir à une cohorte plus large, et être ainsi confirmées, une réponse simple pourrait être apportée à la dyslexie au moyen d’une sorte de lampe stroboscopique à LED.

    Sur le site du journal Le Monde, un des nombreux articles de presse sur cette découverte: http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/10/19/la-dyslexie-nichee-au-fond-des-yeux_5202982_1650684.html

    Le chercheur Guy Ropars explique sa découverte dans cette vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=gjHoegVkApA

Les troubles associés à la dyslexie


La dyslexie peut être associée à d’autres troubles de l’apprentissage tels que :
  • Les troubles du développement moteur et de l’écriture : la dyspraxie
  • Les troubles des activités numériques : la dyscalculie
  • Les troubles du langage oral : la dysphasie
  • Les troubles de l’attention : TDAH

Des troubles fréquemment associés

Selon l'INSERM, dans près de 40 % des cas, un enfant concerné par les troubles DYS présente plusieurs types de troubles des apprentissages. La dyslexie ou la dyscalculie sont fréquemment associées à des troubles de la coordination motrice (dyspraxie) ou de l’attention. En outre, un problème de langage oral (dysphasie) est associé à un risque de dyslexie dans 50 % des cas.

Dossier de l'Inserm : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/troubles-apprentissages

Le diagnostic


Le diagnostic se base sur l’un ou l’autre des deux critères suivants (Expertise collective de l’INSERM 2007) :
  • La note obtenue à une épreuve standardisée d’exactitude ou de compréhension de la lecture se situe à au moins deux écarts-types en dessous du niveau escompté, compte tenu de l’âge et du quotient intellectuel de l’enfant (QI).
  • L’enfant a des antécédents de difficultés sévères en lecture ou a déjà répondu au critère précédent à un âge antérieur ; en outre le résultat obtenu à un test d’orthographe se situe à au moins deux écarts-types en dessous du niveau escompté, compte tenu de l’âge et du QI.

Le diagnostic de la dyslexie fait donc appel, au strict minimum, à un test de lecture et à un test de QI, mais implique plus généralement à la fois un bilan orthophonique et un bilan neuropsychologique, qui permettent de bien cerner le profil de l’enfant.

Le cas échéant, des examens complémentaires (ophtalmologiques, psychiatriques…) peuvent s'avérer nécessaires. Ces bilans sont normalement prescrits et interprétés par un médecin formé à cet exercice, qui est donc responsable du diagnostic de dyslexie.

Les traitements

Le traitement de la dyslexie passe obligatoirement par des séances d'orthophonie. Elles peuvent être accompagnées par d'autres traitements spécialisés comme ceux que je propose.

Des ressources pour aller plus loin

  • L'émission « C'est pas sorcier » sur les troubles dys :

  • Une video de l'INSERM sur les troubles dys :

  • Avec l'émission « Les maternelles », des conseils de parents pour aider les enfants dys :